« Blues is a healer »… Leo Bud Welch fait carrière à 85 ans !

Pochette du premier Album de Leo Bud Welch

 

« Blues is a healer » peut-on lire, gravé sur le bois de la façade d’un des bars phares de Clarksdale, le « Ground Zero », propriété du non moins célèbre Morgan Freeman.

 

C’est non loin de là, au croisement de la route 61 et de la 49, qu’en 1930, Robert Johnson qui pour l’anecdote possède trois tombes, et on ignore jusqu’à aujourd’hui où il repose réellement, aurait donné son âme au diable afin qu’il le transforme en maître du blues. Ce dernier n’est pas le seul à avoir raconté cette légende, puisque Tommy Johnson aurait, des années plus tôt, relaté la même histoire et dit avoir passé le même pacte avec le diable.

La Highway 61, célèbre route du blues, empruntée par tous les amoureux de ce genre musical qui veulent partir à la découverte de ses origines les plus profondes, traverse le Delta du Mississippi, et a inspiré le grand Bob Dylan avec son album Highway 61 Revisited.

 

 

Des champs de coton aux juke joints : la naissance du blues

 

Dans les juke Joint, véritables nids de talents en devenir, les musiciens noirs, ouvriers dans les champs de coton à la base, ont enfin pu jouer après s’être vus refuser l’accès aux établissements gérés par des blancs. Ainsi sont nées les premières notes de blues, qui se sont confirmées, consolidées plus tard et qui ont fini par aboutir à la naissance de ce genre musical unique.

 

Leo Bud Wech, le vétéran

 

Un des plus célèbres juke joints de Clarksdale, le Red’s, en référence à sa lumière, 100 % rouge, est un bar plutôt glauque, à la déco vétuste et qui ne paye pas de mine, faite de quelques petites tables reparties autour d’un semblant de scène qui consiste en deux chaises et une gamelle pour recueillir les pourboires.

 Là bas, on peut siroter une bière en écoutant du blues en live, joué par les célébrités locales.

C’est dans ce bar que les chanceux ont pu voir Leo Bud Welch. C’est un papy de plus de 80 ans, au dos voûté et à la démarche saccadée, au visage sillonné de rides qui racontent son histoire et aux yeux pétillants et remplis de malice malgré son âge avancé. Ce bluesman unique en son genre possède un talent sans équivoque, de l’avis de tous ceux qui l’ont écouté.

 

 

Leo Bud Welch interprétant du gosbel blues

 

 

 

85 ans, deux albums, et une carrière qui commence à peine !

 

Complètement inconnu sur la scène musicale jusqu’en 2014, le musicien, qui jouait jusque là pour des amis et dans les églises, et après une longue carrière à la ferme, a sorti son tout premier album intitulé « Sabougla Voicies » à l’âge de 81 ans. S’en est suivi un deuxième, deux années plus tard « I Don't Prefer No Blues ». Ce vétéran de la musique est la preuve qu’il ne faut jamais abandonner ses rêves et qu’il n’est jamais trop tard pour les réaliser.

Depuis, la notoriété du bluesman s’est vue grandir, et il a même commencé une tournée internationale, qui l’a emmené jusqu’en Europe, au grand bonheur des amateurs de blues traditionnel.

Son répertoire, fait essentiellement de reprises des vieux titres classiques du blues, magnifiquement interprétés, auxquels sont venus s’ajouter quelques morceaux de ses nouveaux albums, toujours joués avec la même profondeur et magnifiés par un coup de gratte magistral.

 

Le blues…

 

Le blues, ce genre musical caractérisé par une certaine langueur et beaucoup de mélancolie dans ses mélodies, a eu une grande influence sur une large variété de courants musicaux à travers le temps.

Traitant de thèmes tels que les séparations amoureuses et les détresses de l’âme, le blues ne s’est pas arrêté à ça, abordant des sujets plus politiques tels que les revendications et les luttes antiségrégationnistes, étant le seul moyen d’expression qu’avait cette classe sociale à l’époque.

 

 

Souhir Hamrouni Buonomo
Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Dimanche, mars 19, 2017 - 07:15